COUP DE POUCE FINANCIER POUR LES CLINIQUES JURIDIQUES GRATUITES DE JUSTICE PRO BONO AU-DELÀ DU 55E PARALLÈLE

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COUP DE POUCE FINANCIER POUR LES CLINIQUES JURIDIQUES GRATUITES DE JUSTICE PRO BONO AU-DELÀ DU 55E PARALLÈLE

De gauche à droite : M. Louis-Marie Beaulieu, co-président d’honneur, Me Nancy Leggett-Bachand, directrice générale de Justice Pro Bono, Me Gilles Legault, administrateur de Justice Pro Bono et président du comité organisateur de l’événement, Madame la bâtonnière Claudia P. Prémont, présidente de Justice Pro Bono et M. André Dumais, co-président d’honneur

© Émilie Pelletier

Justice Pro Bono, l’organisme qui mobilise la communauté juridique à donner temps et expertise au service des citoyens et des populations vulnérables depuis plus de 10 ans, vient d’obtenir un nouvel apport financier de près de 200 000 $ pour poursuivre son œuvre auprès des communautés du Nunavik.

De Kuujjuarapik à Kuujjuaq, en passant par Puvirnituq et Salluit, des bénévoles de Justice Pro Bono effectuent régulièrement des séjours dans les villages du Nunavik depuis 2017 pour offrir des cliniques juridiques gratuites aux populations inuites. Plus de 500 citoyens et citoyennes de ces communautés ont profité gratuitement d’information et de conseils de 12 avocates (le seul homme que nous avons eu était observateur!) et de deux notaires, que ce soit pour régler des dossiers de pension alimentaire, obtenir des règlements hors cour pour des dossiers de petites créances ou pour la préparation de testaments, entre autres. L’action de Justice Pro Bono se manifeste par des consultations individuelles, mais aussi par des participations à des lignes ouvertes à la radio et des conférences dans les écoles secondaires.

Pour la directrice générale de Justice Pro Bono, Me Nancy Leggett-Bachand, l’organisme a décidé d’agir face à la situation précaire que vivent les communautés du Nunavik en matière d’accès à la justice en effectuant deux cliniques annuellement. « Il y a là un immense travail d’éducation à faire, dit-elle. Les gens associent les avocats aux dossiers en droit criminel et en protection de la jeunesse et méconnaissent leurs droits en matière civile et familiale. On a vu plusieurs cas de femmes privées des paiements de pensions alimentaires auxquelles elles avaient droit et qui ne savaient même pas qu’elles avaient des recours. »

Grâce à la subvention du ministère de la Justice du Québec (40 000 $) et aux montants engendrés par une soirée-bénéfice, le 19 février (222 000 $), Justice Pro Bono sera en mesure de poursuivre son action au Nunavik. Notons que le projet des cliniques juridiques bénévoles au Nunavik est né grâce aux contributions financières du Barreau du Québec, de la Chambre des notaires du Québec, du Fonds Accès Justice et de la société Makivik.

Parmi les éléments hors de l’ordinaire qu’ont vécu les juristes de Justice Pro Bono, mentionnons :

  • Une succession qui avait été perdue a rapporté 300 000 $ à une famille.
  • L’obtention d’un jugement déclaratif de décès pour leur fils perdu en rivière a permis à un couple de pouvoir enfin faire leur deuil.
  • Un litige, en arrêt depuis longtemps, a pu être débloqué par l’intervention d’un juge à Amos en visioconférence.

« Alors que les tables rondes se multiplient et que les rapports s’accumulent sur les différents problèmes vécus par les communautés résidant au nord du 55e parallèle, Justice Pro Bono a décidé en 2017 de mettre son expertise bénévole au profit des communautés inuites », souligne la présidente de Justice Pro Bono, Mme la bâtonnière Claudia P. Prémont, Ad.E. « Trois ans plus tard, autant pour les juristes bénévoles que les citoyens, le projet des cliniques juridiques au Nunavik s’est avéré être un pas remarquable vers la réconciliation, et demeure une initiative empreinte d’espoir pour le futur. »